LIFESTYLE, SOCIÉTÉ

La discrimination capillaire en milieu scolaire!

Que faire face à la discrimination scolaire en milieu scolaire?

Zoom sur l'association Mes Racines !

Discrimination capillaire en milieu scolaire ? Mais que se cache t-il derrière cette notion ? Discriminés à cause des ses cheveux ? En plus à l’école ? Il s’en passe des choses en tous cas dans les cours de récré . On va tout vous expliquer ! 

En effet, alors  que se prépare la Natural Hair Academy , évènement de grande envergure en région parisienne les 4 & 5 juin où nous célèbrerons nos belles chevelures afros ! Nous avons tenu à faire un focus sur une association qui lutte contre une discrimination liée aux cheveux !!! Mais non, vous ne rêvez pas , elle est réelle mais silencieuse !

L’association Mes Racines est une association créée récemment, au cours de l’année 2021, dans le but de lutter contre les discriminations capillaires que vivent  les personnes aux cheveux texturés (bouclés, frisés, crépus), roux, ou encore les personnes ayant les cheveux dits « blancs albinos ». Beaucoup de personnes subissent cette discrimination mais les victimes restent parfois silencieuses. Cette discrimination touche particulièrement les jeunes enfants au sein des établissements scolaires, mais concerne aussi les adultes dans la vie quotidienne. Phonsia la fondatrice de l’association Mes Racines a pu se rendre compte de l’ampleur des discriminations capillaires à la suite d’une histoire personnelle. L’objectif de l’association est de sensibiliser les publics (enfants , adolescents et adultes) sur la question du racisme et des discriminations et de lutter contre les stéréotypes car l’aspect et la texture des cheveux renvoient souvent à la couleur de peau.

Comment reconnaître la discrimination capillaire ?

Tout d’abord, la discrimination capillaire est un processus basé sur la distinction d’un individu en fonction de ses cheveux. Cela peut être la texture ou la couleur des cheveux, qui s’ éloigne d’ une norme suggérée par la société. Plusieurs lois américaines interdisent la discriminations capillaire dans certains états. Dans un contexte plus général, il existe 25 critères de discrimination qui sont prohibés par la loi française. L’article 225-1 du Code pénal prévoit ces sanctions. Mais,  le terme de « discrimination capillaire » n’est pas définit, mentionné ou sanctionné en France. En effet, on pourrait faire jouer le critère de l’apparence physique, l’origine ou encore l’appartenance ou non, vraie ou supposée à une ethnie. Les discriminations sur l’apparence physique sont très fréquentes et les cheveux en font partie.

La plupart des jeunes filles et des femmes n’apprécient et/ou n’acceptent pas leurs cheveux naturels en raison des critères de beauté que la société nous impose, par peur de recevoir des remarques désagréables ou des moqueries sur leurs cheveux et aussi à cause d’un manque de connaissances concernant les soins capillaires.

Victime de discrimination capillaire en milieu scolaire, la fille de Phonsia témoigne :

Keithlyne confie :  J’ai toujours apprécié mes cheveux, jamais je n’ai pensé un seul instant qu’ils n’étaient pas beaux ou encore bizarres. Pour moi, avant toutes ces remarques, j’étais fière et j’assumais entièrement mes cheveux crépus. J’ai parlé de ce que je vivais à l’école à certains professeurs et aussi des surveillants mais j’ai eu très peu de soutien de leur part. C’est comme si je parlai à un mur. Seules mes amies comprenaient ma détresses et me soutenaient moralement. Pour mon état psychologique et moral j’ai eu des moments de stress, des insomnies et des pertes de cheveux énormes que j’ai encore à ce jour. Il m’arrive d’avoir des tocs et des crises de panique aussi.

Phonsia:  Je me souviens que lorsque j’étais enfant, je gardais très peu mes cheveux au naturel. Le défrisage était à la mode avec le peigne en fer à lisser pour faciliter les coiffures et les embellir (du moins c’est ce qu’on croyait tous à l’époque). Au final, nos cheveux étaient critiqués et malmenés lorsqu’ils n’étaient pas tressés ou défrisés. J’ai aussi eu quelques remarques de mes tantes qui, dès qu’elles me voyaient avec les cheveux naturels, me suggéraient de les tresser car les laisser coiffés en afro était signe de négligence selon elles. C’est-à-dire que cette discrimination capillaire était entretenue au sein des familles aussi !

 

D’une génération à une autre, on réalise que, les mamans d’aujourd’hui de manière générale , esssayent de transmettre l’amour du cheveu naturel à leurs filles, ce qu’elles n’ont pas toujours eu à l’époque.

Message de Keithlyne :Si je devais laisser un message aux filles de mon âge, aussi pour tous les âges, c’est : « s’accepter telles que nous sommes car c’ est la meilleure façon de s’aimer. Qu’importe ce que les gens disent sur tes cheveux, il faut continuer de croire en toi et t’aimer encore plus parce que tes cheveux font partie de toi.

Quelle est l’approche dans les établissements scolaire ?

Phonsia : « A ce jour, nous avons pu rencontrer très peu de chefs d’établissements scolaires car le sujet de la discrimination capillaire reste encore très méconnu et silencieux en France. Nous sommes dans l’attente de réponses de plusieurs établissements publics car nous voulons réaliser des interventions de sensibilisation et gardons l’espoir de pouvoir accéder à des écoles à la rentrée du mois de Septembre 2022. L’avantage est que nous avons le support des mairies de notre région qui comprennent l’importance de notre combat et participent à l’évolution de notre association. 

Prochainement, nous prévoyons de réaliser une enquête accessible par les réseaux sociaux concernant la discrimination capillaire. Le but est de démontrer qu’elle est réelle, que des chiffres le prouvent de manière concrète et que nos interventions peuvent être bénéfiques pour les enfants en milieu scolaire ainsi que tous nos autres projets de plus grande ampleur.

 

Comment intégrer la discrimination capillaire en milieu scolaire au même niveau que les autres discriminations au sein des établissements ?

Phonsia : Personnellement, j’ai toujours pensé que le sujet de la discrimination capillaire en milieu scolaire avait sa place dans les règlements intérieurs des établissements et que l’on devait sanctionner ceux qui ne le respectait pas, toutes les discriminations ont leur importance. Je n’ai pas vraiment d’idées sur une sanction spécifique mais je pense qu’elle devrait être assez conséquente afin que les enfants comprennent l’utilité et l’ importance de l’acception des différences. 

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Le mot de la fin

Je souhaite que l’ association puisse continuer à se développer pour intégrer un maximum d’établissements scolaires et créer encore plus d’événements en partenariat avec d’autres associations ou organismes qui oeuvrent pour la même cause. »

 

Phonsia MATSOUKOU, Présidente de l’Association « Mes Racines »

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